Manuscrit de Léonard de Vinci

ML017R

Caractéristiques

Personnes
Apprentis architectes, Blandine Esnault
Lieux
Gien
Projets
Les relations amoureuses, Reconstruction du château de Gien
Architecture
Château de Gien
Techniques
Appareillage de fondation
Inventions
Décoration par un appareillage en brique rouge/brune

Résumé

Je me repose dans une habitation aux murs charpentés, délabrés et enfumés. Pour apaiser mon irritation, je me fais bouillir du vin chaud vivifiant. La nuit, ma femme me nettoie, m’arrose et me frotte avec soin ; lorsqu’elle est fatiguée, nous restons au lit jusqu’au lever du soleil, naturellement unis et en secret. Pour le bâtiment, j’ai révélé aux novices les règles de la maçonnerie. Je veux des briques rouges et des briques plus brûlées, disposées en lignes soignées, liées, exactes et progressivement accumulées. Je veille à leur mise en œuvre, à leur alternance le long des murs et à l’harmonie des tigrures. Les lignes noires doivent émouvoir agréablement. Les briques, rapides et solides à monter, conviennent à l’ornementation, malgré la grande quantité de matériaux nécessaire. Leur coût reste modéré, et leur principe d’appareillage convient aux novices pour élever le pourtour de l’édifice.

Version finale

Je me repose dans une habitation aux murs charpentés, délabrés depuis longtemps. L’habitation est enfumée. Pour apaiser l’irritation, je me fais bouillir, à volonté, du vin chaud vivifiant.

La nuit accorde sa grâce à notre couple. Ma femme me nettoie habituellement et me rend propre d’une manière irréprochable. Elle m’arrose autant qu’il le faut. Il y a là une forme de sociabilité propre à diriger en homme savant : une convenance tacite, mais visible et reconnaissable. Elle est indispensable pour émouvoir lors des déclarations et des discussions savantes. Le soin donne du pouvoir.

Je me lave autant que ma femme voudra bien me frotter. Lorsqu’elle est fatiguée de nettoyer, je me mets au lit avec mon épouse jusqu’au lever du soleil. Nous sommes naturellement unis, en secret.

Pour le bâtiment, j’ai révélé aux novices comment devait être réalisée la maçonnerie. Je veux à la fois des briques rouges et des briques plus brûlées, en grande quantité. J’explique avoir à l’esprit des lignes soignées et liées entre elles. Ces lignes doivent être exécutées avec beaucoup d’exactitude, en les accumulant progressivement.

J’ai veillé à leur mise en œuvre afin de les disposer convenablement et d’en garantir la bonne exécution. Il faut ensuite les étendre tout le long du mur et renouveler alternativement cette bordure avec rigueur. Pour embellir la décoration, certains morceaux sont détachés, mais je veux qu’ils soient disposés avec soin. Les tigrures doivent être agréables et harmonieuses.

Pour émouvoir agréablement, il faut mettre en œuvre les lignes noires avec rigueur. Heureusement, elles sont façonnées rapidement et d’une manière parfaite. J’ai moi-même appareillé certaines figures en les disposant convenablement. Les briques suffisent parfaitement au service de l’ornementation. Elles présentent l’avantage d’être montées rapidement et solidement. Leur mise en œuvre nécessite toutefois une grande quantité de matériaux.

La dépense est, bien entendu, proportionnée à l’ampleur de l’ouvrage. Les briques constituent un matériau de très bon marché, bien adapté aux novices dans le principe de l’appareillage. Nous avons reconnu ensemble le pourtour de l’édifice. J’ai expliqué aux novices que la dépense restait modérée, et qu’un entrelacement de briques irréprochablement posées les conduirait au succès.

Ils peuvent commencer par le pourtour, en élevant les compositions sur les limites établies. Il faut mettre en place les briques tout autour de l’édifice. Cette opération représente une dépense importante par sa quantité, mais elle demeure bon marché et adaptée à la grande proportion de l’ouvrage. Elle convient également aux novices par la simplicité de son principe de mise en œuvre.