La fibre naturelle non travaillée se procure facilement, les bateaux étant fréquents. Il faut ensuite la façonner et la teindre ; cela lui confère une valeur. Je dois acheter en masse.
Consciencieusement, j’examine adroitement, parfois au hasard. Seuls les seigneurs ont l’aptitude à l’inspection. Je dois estimer le produit dans sa structure et le déprécier s’il est mauvais. La réussite repose sur l’entente cordiale.
Attentivement, je distingue les laines en connaisseur. Les cordons des ballots de transport sont coupés afin que le produit me soit dévoilé. La critique engendre toujours une torpeur à mon avantage.
Sur le pont du bateau, l’armateur éprouve une appréhension honteuse, car il est conscient de ce qui ne convient pas. Sa crainte de la réclamation produit un effet visible. Je suis heureux de constater la dignité de ma réputation.
Le but est de modérer en hésitant, puis de récapituler ce qui marque le prix de la quantité, afin de l’amoindrir avec mesure, selon une juste proportion, et d’accepter la marchandise.
L’acquisition est confirmée par une poignée de main, selon une coutume raisonnable. Cette confirmation réjouit l’armateur et le fait prospérer dans le commerce de la laine. Chercher, de part et d’autre, un accommodement est le cours naturel des choses.